Centre Culturel Coréen, Espace du 2e étage
20 Rue la Boétie 75008 Paris, France

Exposition du 21 juin au 17 septembre 2021
Archivage de mes mémoires #1990_1, 2021, technique mixte et collage de papier coréen sur toile, 73 x 92 cm
technique mixte et collage de papier coréen sur toile, 12.5 x 18 cm
Mes travails traitent les sujets très variés mais au final, ils se réunissent sur un seul thème : la communication. Pour moi, l’art a toujours été un moyen de communication, l’art était la communication. L’art fait le lien entre les individus, entre le rêve et la réalité, le désir et la modération et enfin, le présent et le futur. J’ai participé à cette exposition “Outre Mesure” en interprétant le concept comme quelque chose qui existe au-delà de la limite et de la frontière. J’ai essayé de communiquer avec le public tout en brisant les barrières d’expression que j’ai acquise dans mon enfance. Et pour cela, je me suis inspirée des histoires les plus intimes de ma vie.
À travers “Outre Mesure”, j’ai laissé chevaucher la nature humaine qui oublie et le désir de protéger nos souvenirs fragiles.
Lorsque j’élabore un projet, je suis souvent inspirée par la vie quotidienne. La plupart du temps, je me concentre à ma nouvelle identité que j’ai acquis en tant qu’une artiste étrangère et mon ancienne identité que je suis en train de perdre petit à petit depuis mon arrivée en France. Et j’essaie de reproduire cette dualité sur la toile. Mais à l’occasion de ce nouveau projet, j’ai décidé de prendre du recul pour retravailler sur le passé. Mes parents ont oublié beaucoup de souvenirs de mon enfance. Apparemment, il y a des choses qui disparaissent plus doucement qu’on peut imaginer, sans aucun bruit. 
Voici ce que mes parents me disent aujourd’hui : “Ah bon ? Je ne me souviens pas”.
Les souvenirs sont impuissants. C’est triste que ces souvenirs perdent leur chemin et finissent par mourir dans notre petit cerveau, sans aucune trace. Et au final, c’est nous qui les tue. C’est pour cela que j’ai décidé de marquer la trace de mes souvenirs sur la toile. C’est sûr qu’il y a des paysages qui n’existent même plus. Et je ne sais même pas quelle couleur il faut choisir pour colorier ces endroits oubliés. Mais je sais que c’est le seul moyen de retrouver le chemin pour retourner au pays natal.
Depuis que je suis en France, je me suis posée beaucoup de questions sur mon identité en tant qu’une personne étrangère. Parce que vivre à l’étranger, c’est aussi d’oublier une grosse partie de notre origine pour bâtir une autre vie. Et aujourd’hui, je suis prête à communiquer avec mon passé à travers l’art afin de traverser cette frontière.

“Outre Mesure”에서는 잊혀지고 잊혀질 수 밖에 없는 것과 그것들을 지키고 싶은 욕망의 경계를 허물고 공존시키는 작업을 진행하였습니다. 저는 작업을 할 때, 제 일상 생활에서 많은 소재를 얻고 있어요. 해외에서 살면서 제 정체성과 있어야 할 장소는 어디인가 대한 고민과 작업이 주를 이뤘습니다. 하지만 이번 작업에서는 요즘 들어 계속 마음 한 구석에서 깜박이는 예전의 추억들을 캔버스 위에 풀어내었어요.
늦은 밤에 침대에 누우면 생각이 나면서 가슴이 아련한 그런 것들 있잖아요. 하루는 부모님께 제 어릴 적 기억을 말한 적이 있어요. 그런데 부모님께서는 "우리가 그런 적이 있었나?"하고 기억이 안나신데요. 아직도 저는 서로 웃고 떠들 던 순간이 선명하거든요. 
그 때 문득 든 생각이 내가 나중에 부모님처럼 잊어버리면 우리들의 소중한 시간은 영원히 사장된다는 것이었습니다. 이미 지나간 시간이지만 우리 머릿 속에서 살아있는 것이잖아요. 그것들이 잊혀졌을 때 완전히 지나간 시간이되고 죽음을 맞이한다는 사실이 너무 슬펐어요. 그리고 그것을 죽이는 주체가 저라는 사실도요. 그래서 저는 잊고 싶지 않은 모든 순간들을 캔버스 위에 남기고 있습니다. 아직도 존재하는지 아닌지도 모를 장소를 그리다 보니 색이 선명치않고 확실하지 않습니다. 하지만 자세히 보지 않으면 지나칠 이야기들이 확실히 각인되어 있습니다. 
저와 연결된 모든 사람들과의 순간들이 어떠한 형태로라도 잊혀지지않고 남아있기를 바라며...

June 2021 in Paris
LEE Hyewon​​​​​​​


Journal noté sur la toile
En 1990, avant la construction de l’aéroport international d’Incheon, il y avait une énorme roselière à Yeongjong-do. Avec toute la famille, on y allait souvent en prenant la toute petite voiture rouge “Tico” de ma mère. À l’époque, on habitait à Anyang, à 1 heure et demie de trajet en voiture. Je m’endormais facilement dans la voiture et mon père me réveillait. Mon père prenait la natte, ma mère le panier-repas, moi les cannes à pêche et mon petit frère, les mains vides. C’est un souvenir qui manque. Ma mère m’accompagnait pour aller pêcher mais elle n’aimait pas les vers de terre. Et moi je voulais lui faire peur. Je lui ai donné la petite boîte d’allumettes dans laquelle j’ai caché les vers de terre.
“C’est quoi?” 
Ma mère me demanda. 
“Je ne sais pas. Ouvre !” 
Je fis semblant de ne pas savoir. 
“Non !”
“Hahaha.”
J’ai bien rigolé. Heureusement qu’elle ne m’a pas tapé. À côté de ma mère qui se plaignait, je marchais sur la vasière. À l’époque, il y avait beaucoup de poissons qui s’appellent ‘gobies’. (Je pense qu’il y en a encore) Ces gobies peuvent respirer pendant très longtemps même à l’extérieur de l’eau. Et ils peuvent se déplacer en utilisant leurs nageoires. Ils ont des yeux de grenouille. Ils sont très moches.
Ma grande mère pêchait aussi les gobies. Elle les séchait dans le jardin puis elle me faisait goûter avec la sauce fermentée de piment rouge. Le goût était spécial. Et ce goût m’a fait aimer la pêche. J’ai passé une partie de mon enfance à ramasser les gobies et les coquillages dans cette vasière.
Dans la vasière, il y avait les crabes, les petits coquillages et les poissons. Je me souviens qu’on pouvait voir des petits trous sur la plage. Si le trou est petit, il doit y avoir un coquillage. Si le sable est entassé autour d’un trou, il se peut qu’il y ait un crabe qui vit dedans. Je creusais le sable avec une cuillère. Des fois, les coquillages crachaient de l’eau avant de s’enfuir. Les crabes me montraient leurs pinces pour me menacer. Pour pêcher les gobies, il suffisait de lancer une canne. Après la chasse, toute la famille revenait sur la natte pour regarder le soleil couchant sur la plage.
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